La découverte de Lascaux

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Thierry Félix : « En fait c’est une histoire qui se passe en 1940. S’il faut resituer les choses on est au tout début de la guerre.
Le dimanche 8 septembre 1940 entre en jeu un garçon qui s’appelle Marcel Ravidat, qui était surnommé Le Bagnard et qui avec des camarades va mettre en évidence l’entrée de la grotte de Lascaux. Ce jour-là en fait c’est en retirant son chien, qui avait poursuivi soit un renard soit un lapin, qu’une pierre va rouler sous son pied et, en dégringolant dans ce petit trou, va rendre un écho qui va alerter tout le monde. Et donc la petite troupe se réunit autour du trou et s’en remet tout de suite à la légende qui est racontée depuis des générations, c’est-à-dire cette histoire de sous-terrain qui existerait entre le château de Montignac et un manoir, qui est juste en bas de la colline, et qui s’appelle d’ailleurs le Manoir de Lascaux. Ce jour-là ils ne peuvent pas l’explorer. Ils n’ont pas de lampe. Ils s’en remettent, ils disent « on verra plus tard mais il faut remonter explorer ce fameux sous-terrain ». Puisque pour eux il s’agit d’un sous-terrain.

4 jours plus tard, Marcel Ravidat, encore lui s’est confectionné une lampe, un couteau mais aucun de ses camarades ne souhaite le suivre. En chemin il va rencontrer 3 autres garçons qui sont aussi du village : Jacques Marsal, Georges Agnelle et Simon Coincas. Et il va les embaucher, tout bêtement. Et tous les 4 c’est eux qui vont dégager l’entrée. Ils vont mettre une bonne heure pour le faire. Parce que on ne passait pas du tout. Il fallait passer le bras, mais pas grand-chose d’autre. Donc en dégageant l’entrée, c’est Ravidat qui a réussi à s’infiltrer, tête en avant. Et tous les 4 vont se mettre à explorer petit à petit la première grande salle. Et ils ne s’aperçoivent pas dans un premier temps qu’ils passent sous d’immenses taureaux qui font plus de 4 ou 5 mètres. Et la première peinture qu’ils vont voir c’est la vache rouge à tête noire qui est à gauche là, à l’entrée du diverticule axial. Et ensuite ils vont aller comme ça, sur les parois, de découverte en découverte : un taureau ici, un cheval là, une série de cerfs etc etc. Ils ont ce premier choc qui est un choc esthéthique. Et y’en a un second qui va arriver c’est ce que moi j’appelle le choc mystique ou culturel. Qu’est-ce que c’est ? Ils ne savent pas. Par contre les images leur parlent. Ce sont des taureaux, des chevaux, des cerfs, donc des animaux qu’ils connaissent. Mais ils n’ont aucune idée de l’ancienneté et de la raison d’être. Donc en fait ils vont tenter de garder le secret. Et donc l’idée c’est de s’en remettre à l’ancien instituteur. Léon Laval il s’appelait. Il a tout de suite vu le caractère préhistorique de l’affaire.
Laval se dit il faut en parler à l’abbé Breuil qui était le grand préhistorien de l’époque. Et donc le 21 septembre, c’est-à-dire à peine 10 jours, 9 jours après la découverte, la grotte est authentifiée par l’abbé Breuil, ce qui a été une grande chance ! Et dans la foulée y’a eu une foule de journalistes et ça a été une nouvelle nationale et même internationale. »

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La découverte de Lascaux

Nous ne pouvons évidemment pas terminer ce parcours à Montignac sans parler de Lascaux. Dans cette interview vidéo, Thierry Félix, préhistorien, spécialiste de Lascaux, nous raconte l’histoire de la découverte, dans ce petit village du Périgord, de la grotte ornée la plus célèbre au monde.

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