Voix du commentaire audio : Juliette Chalard-Deschamps, Région Nouvelle-Aquitaine

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A partir de 1572, avec l’installation du tribunal de la Sénéchaussée, et tout au long du 17ème siècle, de nouvelles familles d’officiers de justice s’installent au cœur de la ville du Dorat. Elles sont riches et apportent des styles d’architecture nouveaux, influencés par la Renaissance. Elles font construire de très beaux logis près des lieux de pouvoir. Ces constructions apportent un nouveau souffle à la ville qui a souffert des assauts des troupes protestantes.

Cette maison est construite à la place de l’ancien domicile de Claude de La Pouge, premier lieutenant général de la Sénéchaussée. Il y fut assassiné par défenestration en 1578, par une bande armée menée par ses collègues du tribunal, suite à une affaire qui mélangeait la politique, l’adultère et la religion.

La maison actuelle, de la fin du 17ème, est l’œuvre d’une famille de lieutenant-criminel de la Sénéchaussée, la famille Philippe. Durant la Révolution française, elle a servi de prison.

Ce bâtiment se distingue par sa tourelle d’angle, coiffée d’un toit en bulbe polygonal, couvert en bardeaux de châtaigner. Cette échauguette repose sur un cul-de-lampe mouluré. La porte d’entrée de la maison est encadrée par deux pilastres en pierre de taille, couronnés par des chapiteaux ioniques qui soutiennent des pots-à-feu ornés de draperies retombantes. Un troisième pot à feu, porté par un corbeau, surplombe l’œil de bœuf aménagé au-dessus de la clé de voûte de la porte.

La porte monumentale de l’hôtel particulier de la famille Boucheul, située dans la Grande Rue, date de la même époque et présente exactement la même composition. Joseph Boucheul était avocat au Dorat et auteur de plusieurs ouvrages de droit au 17ème siècle.

En face, cette autre maison appartenait à la famille Sandemoy de Libaudière, lignée d’avocats de l’ancien tribunal du Dorat au 18ème siècle. Sa porte surmontée d’un fronton triangulaire adopte elle aussi le motif des pot-à-feu.

Crédits photographiques :
Coutumier Général du Poitou par Joseph Boucheul, 1727. © Bibliothèque universitaire de Poiters, Fonds ancien, folio 3
– Porte d’une maison, rue du Puits Chatonnier. © Région Nouvelle Aquitaine, Inventaire général du Patrimoine culturel. J. Chalard-Deschamps, 2017.
– Porte d’une maison, 7 rue Saint Michel. © Région Nouvelle Aquitaine, Inventaire général du Patrimoine culturel. J. Chalard-Deschamps, 2017.
– Porte de la maison Boucheul. © Région Nouvelle Aquitaine, Inventaire général du Patrimoine culturel. J. Chalard-Deschamps, 2017.
– Hôtel de la Pouge. © Région Nouvelle Aquitaine, Inventaire général du Patrimoine culturel. J. Chalard-Deschamps, 2017.
– Hôtel de la Pouge – toit. © Région Nouvelle Aquitaine, Inventaire général du Patrimoine culturel. J. Chalard-Deschamps, 2017.

Etapes suivantes

De la collégiale à la Porte Bergère

L’hôtel de la Pouge

L’un des bâtiments remarquables du Dorat, « l’hôtel de la Pouge, », fait partie des nombreuses résidences construites par les officiers de justice et notables associés au tribunal. Son histoire vous est ici racontée en audioguide.

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