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Dominique Lasnier, organiste : « Nous sommes à la Collégiale St Pierre du Dorat devant cet instrument qui est un instrument d’Aristide Cavaillé-Coll, facteur célèbre au 19ème siècle qui a construit énormément d’instruments en France et à l’étranger. Celui-ci a été acheté par une famille du Dorat en 1876. Mais ce dont nous sommes certains actuellement c’est qu’il a été construit avant cette date-là – ne serait-ce que par sa composition – et que c’était l’instrument qui été en démonstration à l’atelier Cavaillé-Coll, Rue du Maine. Donc, un jour il fut acheté par la famille Robert (du Dorat), démonté et remonté dans cette collégiale sans que l’harmonie ne soit jamais terminée, ce qui fait que cet instrument a un diapason un petit peu plus bas que la normale. Il est à 435 environ au lieu d’un « la » à 442.
On peut signaler aussi que c’est un instrument qui est classé Monument Historique et c’est Marie-Claire Alain qui s’était occupée de ce dossier en 1976 et aussi qu’elle a enregistré dans sa première intégrale de Bach, un des chorals ici, à la collégiale, sur cet orgue. »

Jean-Loup Boisseau, facteur d’orgue : « Là, cette partie c’est le ventre de l’orgue pratiquement, là où on va voir la partie soufflerie, une partie de la mécanique de l’orgue et une partie des tuyaux qui se trouvent au 1er étage. L’orgue est un instrument à clavier et à tuyaux. Et ces tuyaux, il leur faut du vent pour les faire parler. Donc le vent est produit jusqu’à la fin du 19ème siècle par des soufflets, genre autrefois soufflets de forge. A partir du moment où la fée électricité a sévi, on a eu des ventilateurs centrifuges, des ventilateurs électriques. Mais ici on a la chance d’avoir encore les soufflets qui fonctionnent à la main.
Au niveau de la mécanique, c’est une mécanique à vergettes, ce sont des petites tringles en bois qui permettent le tirage, la commande des soupapes à partir des claviers. A l’unité, c’est très simple mais ce qu’il y a c’est qu’il y a souvent deux claviers et une trentaine de jeux, donc 2 fois 56 notes, plus le pédalier et une trentaine de jeux. Ce qui fait beaucoup d’éléments quand même en fin de compte. Pour vous donner un ordre de grandeur : ici, on a 1000 tuyaux ; à Notre-Dame de Paris on a 10 000 tuyaux. »

Dominique Lasnier : « Le deuxième élément très très important sur l’orgue, c’est la console. C’est là, où tout se commande, où tout va se passer. C’est là où l’organiste va choisir ses registrations, ses couleurs, les claviers sur lesquels il veut jouer en fonction de l’instrument dont il dispose. Ici, nous avons un instrument de 24 jeux, 3 plans sonores : un pour les pieds, deux pour les mains. A la console, nous disposons de tirants de jeux qui ont des noms très bien définis, avec des chiffres qui correspondent à la hauteur du son : plus on a un chiffre petit, plus on aura un son aigu – plus on aura un chiffre élevé et plus aura un son grave. Le seize pieds, nous donne un son très grave, le deux pieds ou un pied, on va à la limite de l’ultrason.
Le seize pieds donne ce timbre là… Et après on peut aller à l’extrême qui va être le deux pieds, qui va être le plus aigu… Ce qui est intéressant aussi c’est de mélanger les deux.
Le deuxième clavier est ici que l’on appelle un clavier expressif, qui est intéressant parce que j’ai une pédale en bas de la console qui me permet de monter ou de baisser volume du son. En fait, je ne touche à rien, c’est simplement les jeux qui sont enfermés dans une caisse dans laquelle il y a des volets que j’ouvre et ferme avec cette pédale qui me permet d’entendre doux ou fort. C’est tout simplement l’ancêtre du bouton volume. Ce deuxième clavier est intéressant aussi parce que c’est là ou vont se trouver tous les jeux de détail. Généralement, on va trouver le hautbois ou alors on va trouver aussi la voix humaine, qui est intéressante, ou aussi les jeux qui sont typiques au 19ème qui sont vraiment nés à cette époque-là – c’est Cavaillé-Coll qui les a inventés – qui sont la gambe et la voix céleste.
Le 1er clavier, le clavier du grand orgue, est le clavier le plus puissant de l’instrument. C’est là où je vais trouver tous les grands fonds, les pleins jeux, et les grandes hanches. Un fonds 16-8-4 de l’orgue va nous donner ça… Je peux accoupler les claviers entre eux, ce qui est intéressant… Ou le plein jeu… Ou alors carrément les hanches, les trompettes et les clairons, ce qui en même temps me donne toute la puissance de l’orgue.
Quant au pédalier, qui est le troisième clavier, lui est pour les basses. Donc, on a des jeux qui lui sont propres aussi, que l’on ne joue qu’avec nos pieds. Et en général c’est toutes les basses qui sont là, les grandes basses sont là. On peut avoir des hanches aussi… On peut aussi, ce qui est intéressant, accoupler ce pédalier sur les autres claviers, ce qui permet d’avoir encore plus de puissance.»

Organ-player Dominique Lasnier: « Here we are in St Pierre du Dorat Collegiate church, standing before this instrument made by Aristide Cavaillé-Coll, a famous 19th century organ-maker who built many instruments in France and overseas. This one was purchased by a family from Le Dorat in 1876. What we do know now is that it was built before then – namely because of the way it was built, and that it was a demonstration instrument on display in the Cavaillé-Coll workshop, on Rue du Maine. Anyway, one day it was purchased by the Robert family (from Le Dorat), taken apart then put back together in the collegiate church. Its harmony was never finished which means that this instrument’s tuning fork is slightly lower than a regular organ’s : 435 instead of 442 for its « la » note.
It is also important to know that it is a registered Historical Monument. Marie-Claire Alain had it registered back in 1976. She also recorded her first complete works by Bach on this organ.»

Jean-Loup Boisseau, organ-maker : « This part here is the central part of the organ. It contains the bellows, part of the organ’s mechanism and several of its pipes located on its first floor. Organs are key and pipe instruments. The pipes require wind. Up until the late 19th century, this wind was supplied by bellows, like old fashioned forge bellows. Once electricity was available, centrifugal fans and electric fans were used. Here, we are lucky enough to have an organ with hand-bellows.
Here we have a tracker mechanism : a type of small wooden rods which activate the valves from the keyboard. Individually, this is quite simple. However, since organs often have two keyboards and about 30 stops, so two times 56 notes, plus the pedal and about 30 more stops… so that’s a lot of parts. To give you a better grasp, here we have 1.000 pipes. The Notre Dame de Paris organ has 10.000. »

Dominique Lasnier : « The second extremely important element is the organ’s console. You control the entire organ from the console. That is where organ-players select their registers, colours and keyboards, according to the instrument they’ll be playing here we have a 24-stop organ with 3 sound levels : one for your feet and two for your hands. The console has chords with specific names and numbers which match levels of frequency: the smaller the number, the higher the frequency – the higher the number, the deeper the frequency. The 16-foot gives us a very deep sound, the 2 or one-foot almost gives us an ultrasound.

The 16-foot makes this sound… The other extreme is the 2-foot, which is much more high-pitched. It’s quite interesting to combine both.
The second keyboard we have here is called an expressive keyboard. There’s one pedal at the foot of the console to control the volume. You don’t have to touch anything. The stops are simply closed in a crate equipped with a type of flap which you can open and close to control the volume. The ancestor of the volume button, in fact This second keyboard controls the organ stop details. That’s where you’ll find the oboe, and even human voices, and typical 19th century stops, invented by Cavaillé-Coll such as the gamba and celestial voice.
The first keyboard, the great organ keyboard, is the instrument’s most powerful keyboard. That’s where you’ll get the depths of the organ, the fullest stops and the large reeds. A 16-8-4 organ depth sounds like this… I can associate the keyboards or even the full stops, the reeds, trumpets and bugles. When they are played all together, it is extremely powerful. »

Etapes suivantes

De la collégiale à la Porte Bergère

L'orgue du Dorat

L’orgue du Dorat est un instrument du 19ème siècle de grande qualité. Le facteur d’orgue Jean-Loup Boisseau nous fait entrer dans ses entrailles pour nous expliquer son fonctionnement et l’organiste Dominique Lasnier nous fait écouter ses sonorités.

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